Suite de l’entrevue avec François Dumontier.
On parle de retombées économiques énormes pour Montréal. Pouvez-vous nous en parler?
Le Grand Prix de Formule 1 de Montréal est l’événement qui génère le plus de retombées économiques au Canada. On parle de 85-90 millions $. C’est loin d’être rien! C’est la ville et ses commerces qui en bénéficient le plus. Plus de 300 000 visiteurs passent sur le site de la course.
Le Grand Prix, c’est plus de 4000 personnes qui travaillent intensivement pendant plusieurs jours. 300 représentants des médias nous arrivent de l’étranger, et nous accueillons 1200 employés et commanditaires d’écuries! Seulement que pour Ferrari, on compte plus de 100 personnes!
Et comment se fait le transport des voitures?
Les bolides de Formule 1 nous arrivent directement d’Europe. Ce sont neuf cargos 747 qui arrivent ici, chargés à bloc. Sept partent d’Angleterre, un d’Italie et un autre d’Allemagne. Le promoteur a la responsabilité du déchargement, et ce, de l’aéroport jusqu’au circuit. Et après la compétition, c’est encore une vraie course contre la montre. Tout ou presque doit repartir dès le dimanche pour l’aéroport!
Tout un défi logistique! Et dans l’organisation du Grand Prix, qu’est-ce qui est le plus difficile?
Nous devons construire des installations temporaires et tout faire dans des délais très serrés. Et n’oublions pas l’hiver! On doit commencer à travailler dès qu’il n’y a plus de neige. Les défis actuels sont énormes. S’occuper des tribunes, construire de nombreuses installations temporaires pour les équipes, pour les médias, pour notre propre équipe, etc.
Vous organisez deux championnats majeurs à Montréal avec seulement deux mois d’intervalle. Quelles sont les différences entre ces événements?
Premièrement, les visiteurs ne sont pas les mêmes. 40 % des touristes qu’attire le Grand Prix de Montréal proviennent de l’extérieur du Québec, alors qu’avec le NASCAR, ce n’est que 5 %.
En NASCAR, les équipes sont beaucoup plus nombreuses. 43 équipes sont présentes, et 2000 personnes gravitent autour d’elles. Toutefois, l’événement est de plus courte durée que le Grand Prix. Les gens ne viennent ici qu’en moyenne deux jours. Les compétitions sont plus nombreuses sur ce circuit, et beaucoup se déroulent dans le Nord-est américain. Alors forcément, on attire moins de touristes! Mais ça n’en reste pas moins un événement très populaire qui offre à notre ville beaucoup de retombées et de visibilité.
Et il ne faut pas oublier que nous sommes les seuls, en NASCAR, à offrir un tracé qui n’est pas un ovale. Le spectacle est donc complètement différent, et ça plait beaucoup aux amateurs.
Et pendant l’année, ça ressemble à quoi Octane?
Octane, c’est 22 employés à temps plein qui s’activent à organiser et planifier trois championnats. Vente de billets, de loges, sollicitation de commanditaires et de partenaires, on s’occupe de tout! De plus, on doit représenter Montréal dans la majorité des courses qui ont lieu à travers le monde. Et étant donné que nous représentons trois championnats différents, ce n’est pas une mince affaire! La saison de NASCAR a débuté le 19 février, tandis que la Formule 1 et l’IndyCar ont commencé le 27 mars. Tout se termine à la fin de l’automne.
J’aimerais que vous me parliez un peu de François Dumontier. Qui est-il exactement?
J’ai toujours œuvré dans le domaine des courses. Et qu’est-ce qui m’a amené là? Le hasard, tout simplement. J’avais 17 ans et j’étudiais au Cégep du Vieux-Montréal en technique de loisir et en gestion. Par un concours de circonstances, je me suis retrouvé à collaborer à une course de lits sur glace dans le bassin du Parc Jean-Drapeau. Je suis toujours sur la même île aujourd’hui!
J’avais alors rencontré Normand Legault, qui travaillait pour le Grand Prix. Il m’avait proposé un emploi. Et voilà! La course automobile a toujours fait partie de ma vie, et j’ai touché à toutes les sphères du domaine, côté organisation bien sûr. Mais je me suis aussi aventuré dans d’autres secteurs. J’ai par exemple, pendant quelques années, possédé un restaurant La Cage aux Sports, et je me suis amusé dans d’autres disciplines comme la natation. J’ai entre autres été vice-président aux opérations des Championnats du monde de la FINA (Fédération internationale de natation) en 2005.
Je pense être avant tout un passionné. J’aime les gens, et je suis un gars de gang! Nous sommes privilégiés de pouvoir travailler dans un domaine aussi palpitant, et personne n’est plus heureux que moi de rentrer au bureau.


